L’astuce circule depuis des décennies : un sac plastique rempli d’eau, avec quelques pièces au fond, suspendu près d’une porte, ferait fuir les mouches. Le seul essai connu, mené par un entomologiste de l’université d’État de Caroline du Nord, a trouvé l’inverse dans les conditions où il a été fait. Voici ce qu’on sait, ce qu’on ignore, et comment tester l’astuce vous-même si vous y tenez.
L’explication avancée
Selon ses partisans, l’eau et les pièces renverraient la lumière dans tous les sens, et ce reflet troublerait l’œil composé de la mouche, qui s’éloignerait. Aucune mesure publiée ne vient appuyer ce mécanisme. Il reste une hypothèse.
Le seul essai connu
D’après les comptes rendus de presse relayés par l’université d’État de Caroline du Nord, l’entomologiste Mike Stringham a testé les sacs dans une usine de conditionnement d’œufs, pendant environ treize semaines. Il a compté les traces laissées par les mouches sur des cartes blanches, près des sacs et loin d’eux. Résultat rapporté : plus de traces près des sacs, donc plus de mouches.
Deux limites à garder en tête :
- l’essai s’est fait à l’intérieur, sous un éclairage artificiel ; les partisans répondent que l’effet viendrait du soleil, ce qui n’a pas été mesuré ;
- le texte original de l’essai n’a pas été retrouvé : les détails viennent de la presse.
Pour les pièces de monnaie, aucune étude n’a été trouvée. Elles ne changent rien d’établi.
Ce que vous en retenez
- Le sac d’eau ne remplace pas un piège, ni l’entretien du fumier et de la litière.
- Il ne coûte presque rien : si vous voulez l’essayer, faites-le en plus des mesures qui marchent, pas à leur place.
- Ne le suspendez pas au-dessus d’un passage de chevaux : un sac qui tombe et éclate fait peur.
Le tester vous-même
Un essai à l’écurie se fait en quatre semaines, avec du matériel de bureau.
- Choisissez deux portes ou deux zones semblables : même exposition, même distance du fumier.
- Collez une carte blanche à hauteur de tête dans chaque zone.
- Pendant deux semaines, sans sac, comptez chaque soir les mouches posées sur une minute, ou les traces sur la carte.
- Suspendez ensuite le sac dans une seule des deux zones, et continue le comptage deux semaines.
- Comparez l’écart entre les deux zones avant et après le sac.
Ne changez rien d’autre pendant l’essai : ni la litière, ni le nombre de pièges, ni l’heure de sortie des chevaux. Sinon vous ne saurez pas ce qui a joué.
Ce qui marche, mesures à l’appui
La fiche de l’université de Californie sur les mouches le rappelle : la méthode de base reste de supprimer les lieux de ponte, puis de compléter par des pièges adaptés. Pour un piège maison testé, suivez le pas à pas de notre piège à mouches naturel. Pour les autres remèdes de grand-mère, notre article sur l’ail contre les mouches fait le même tri entre ce qui est mesuré et ce qui ne l’est pas. Et pour placer chaque piège dans l’écurie, relis le guide des pièges pour chevaux.
La fiche de référence : Pest Notes: Flies, université de Californie.
Sources : NC State University, revue de presse du 11 juillet 2013 sur les sacs d’eau · comptes rendus de presse de l’essai de Mike Stringham · University of California, Pest Notes: Flies, publication 7457. Consultés le 25 octobre 2026.