Culicoïdes : protéger ton cheval des moucherons du soir

Les culicoïdes sont de petits moucherons piqueurs qui attaquent en nuage, le soir. Pour la plupart des chevaux, c’est une gêne. Pour certains, c’est le début d’une allergie qui revient chaque année : la dermite estivale. Voici comment ces moucherons vivent, à quelles heures ils piquent et comment protéger ton cheval avant que le problème ne s’installe.

Ce qu’il faut retenir

  • Les culicoïdes sont actifs à la belle saison, surtout en fin de journée.
  • Ils aiment l’humidité et craignent le vent.
  • Chez les chevaux prédisposés, leurs piqûres déclenchent la dermite estivale récidivante.
  • Une fois installée, cette allergie ne s’éradique pas : la priorité est de ne pas la laisser s’implanter.
  • Couverture moustiquaire, horaires de sortie et pâture bien choisie forment ta base.

Qui sont les culicoïdes

Ce sont des moucherons piqueurs qui se nourrissent de sang. L’ESCCAP France, association de vétérinaires parasitologues, les décrit ainsi :

  • actifs surtout à la belle saison ;
  • surtout le soir après 17 h, avant le coucher du soleil ;
  • attaquant en général en nuage ;
  • actifs aussi en saison froide dans les régions au climat doux.

Ce sont eux qui te piquent le crâne quand tu vas voir tes chevaux au pré le soir.

Le RESPE, réseau d’épidémio-surveillance en pathologie équine, ajoute :

  • les culicoïdes vivent environ 3 semaines ;
  • leur pic s’étend d’avril à octobre, quand les températures dépassent 12 °C ;
  • leur activité intense se situe entre 17 h et 23 h ;
  • ils sont moins présents en montagne, au-dessus de 800 m, et dans les zones venteuses comme le bord de mer.

La dermite estivale : le vrai risque

La dermite estivale récidivante est une allergie à la salive d’insectes piqueurs. Les culicoïdes sont les plus impliqués. L’ESCCAP cite aussi les simulies, les moustiques, les taons et les stomoxes parmi les insectes soupçonnés.

Les chiffres et les faits à connaître :

  • elle touche de 5 à 10 % des chevaux et poneys en France, selon l’ESCCAP, ce qui la place au premier rang des maladies de peau du pays ;
  • elle se déclare sur des chevaux génétiquement prédisposés ;
  • l’ESCCAP cite parmi les races plus touchées le trait Breton, le Frison, l’Islandais et le Shetland ;
  • le RESPE précise qu’elle n’est pas contagieuse, mais qu’elle est impossible à éradiquer une fois installée ;
  • selon le RESPE, les signes apparaissent parfois dès l’âge de 2 ans.

Les signes à surveiller

  • de fortes démangeaisons : le cheval se frotte contre les arbres, les piquets, les parois du box ;
  • des crins cassés et ébouriffés à la base de la queue et de la crinière ;
  • une perte de poils puis une peau qui s’épaissit ;
  • des plaies et des croûtes qui s’infectent avec le grattage.

L’ESCCAP rappelle qu’aucun test ne confirme la dermite estivale. D’autres causes donnent des signes proches : gales, poux, oxyures, autres allergies. Si ton cheval se gratte, montre-le à ton vétérinaire pour poser le diagnostic.

Le cas du cheval qui change de région

Le RESPE note que les signes s’intensifient en période chaude et humide, et qu’ils apparaissent aussi lors d’un déménagement ou d’un changement de région. Si tu installes ton cheval dans une pâture humide après des années en zone sèche, surveille-le de près dès le premier été. Il n’existe pas de test pour prédire sa sensibilité, d’après le RESPE : seule l’observation te renseigne.

Protéger ton cheval : les mesures qui comptent

Choisir la pâture

  • Place les chevaux sensibles dans des pâtures sèches et ventées. L’ESCCAP explique que les culicoïdes, sensibles au vent et dépendants de l’humidité pour se reproduire, n’y survivent pas.
  • Limite l’accès aux points d’eau stagnante et aux herbages humides, où se développent les larves, comme le recommande le RESPE.

Adapter les horaires

  • Rentre les chevaux sensibles à l’écurie dès 17 h, comme le conseille l’ESCCAP.
  • Pour un cheval au box, programme ses sorties en dehors de la période 17 h à 23 h signalée par le RESPE.

Couvrir le cheval

Pour les chevaux au pré, l’ESCCAP considère la couverture moustiquaire portée en permanence comme la meilleure solution actuelle. Il existe des modèles résistants qui couvrent tout le corps, et certains sont imprégnés de répulsif.

Protéger l’écurie

  • Pose des moustiquaires sur les ouvertures.
  • Installe des ventilateurs près des boxes : selon l’ESCCAP, le flux d’air empêche moucherons et moustiques d’approcher.

Utiliser les produits avec méthode

  • Applique un insectifuge sur l’ensemble du corps. Son action est courte et la sueur le dilue : renouvelle souvent.
  • Le RESPE conseille de préférence une base huileuse, qui isole la peau.
  • N’utilise pas un produit prévu pour une autre espèce, comme les bovins, sans avis vétérinaire : le RESPE signale un risque d’allergie.

La méthode d’application est détaillée dans notre guide pour bien utiliser un répulsif anti-mouches.

Le calendrier de ta protection

  1. Avant avril : prépare couverture, moustiquaires et ventilateurs, et choisis la pâture sèche.
  2. D’avril à octobre : rentrée à 17 h, couverture permanente pour les chevaux sensibles, produits renouvelés.
  3. En hiver doux : reste vigilant, les culicoïdes restent actifs dans certaines régions.
  4. Toute l’année : surveille queue et crinière, et appelle ton vétérinaire au premier grattage suspect.

Pour distinguer les culicoïdes des autres insectes, consulte notre guide d’identification. Pour les gros piqueurs de la journée, lis notre article sur le taon.

Sources : RESPE, fiche « Dermite estivale » · ESCCAP France, fiche « La dermatite estivale récidivante ».