Stomoxe : la mouche qui pique les jambes de ton cheval

Le stomoxe est la mouche qui pique les jambes de ton cheval en plein jour, à l’écurie comme au pré. Il ressemble à une mouche domestique, mais il se nourrit de sang et sa piqûre fait mal. Voici comment le reconnaître, à quel moment de l’année il attaque, et le piège qui le capture le mieux d’après les essais menés à l’École nationale vétérinaire de Toulouse.

Ce qu’il faut retenir

  • Le stomoxe pique surtout le bas des membres et le ventre, en journée.
  • Il pond dans le fumier, la paille humide, les refus de foin et le foin au sol.
  • En France, il apparaît au printemps et culmine en juin et juillet.
  • Le piège le plus efficace contre lui associe le bleu et le noir, posé au soleil et près du sol.
  • La gestion du fumier reste ta première arme.

Le reconnaître

La fiche biosécurité de GDS France, rédigée avec l’École nationale vétérinaire de Toulouse en juillet 2025, le décrit ainsi :

  • 6 à 8 mm, trapu, ailes écartées ;
  • 4 bandes noires sur le thorax ;
  • actif en journée, avec des piqûres douloureuses sur les flancs et les membres des chevaux et des bovins.

GDS France précise que Stomoxys calcitrans est l’unique espèce de stomoxe présente en France métropolitaine. Pour le distinguer des autres insectes du pré, consulte notre guide d’identification.

Pourquoi sa piqûre gêne autant ton cheval

La thèse vétérinaire de Judith Badelon, soutenue à l’ENVT en 2016, rassemble ce que l’on sait de son comportement :

  • mâles et femelles piquent, et un stomoxe prend un ou plusieurs repas de sang par jour ;
  • sa salive ne contient pas de substance anesthésiante : la piqûre est douloureuse ;
  • il se nourrit de préférence sur le bas des membres et le ventre, en particulier sur les antérieurs, où la peau est plus fine ;
  • il passe le reste du temps posé sur les murs, les poteaux, les fils ou les arbres.

C’est ce qui explique les coups de pied au ventre et les membres qui tapent le sol pendant le pansage.

Où il se reproduit

Selon la même thèse, la femelle pond des grappes de 25 à 50 œufs, 10 à 11 fois au cours d’une vie de 2 à 4 semaines. Elle choisit un milieu humide, friable et en décomposition : fumier, végétaux coupés, refus d’aliment, balles de foin posées à même le sol.

La durée du cycle dépend de la chaleur. La thèse cite plus de 60 jours à 15 °C, et moins de 12 jours à 30 °C. GDS France retient un cycle d’environ 3 à 4 semaines. En plein été, une fumière mal gérée produit donc une nouvelle génération en moins de deux semaines.

Les gestes qui coupent cette production sont détaillés dans notre article sur le stockage du fumier.

Sa saison

Un suivi par piégeage mené en 2009 sur le campus de l’ENVT, à Toulouse, et repris dans la thèse, donne le calendrier suivant :

  • aucune capture avant avril ;
  • premières captures quand la température moyenne passe entre 12 et 20 °C ;
  • hausse nette en mai, maximum en juin et juillet ;
  • chute de l’activité au cœur de l’été, au-dessus de 28 °C ;
  • pics possibles à l’automne lors des redoux ;
  • plus aucune capture à partir de la mi-décembre, avec les premières gelées.

La thèse ajoute que les stomoxes se nourrissent le plus entre 30 et 32 °C, cessent de se nourrir sous 14 °C, et parcourent jusqu’à 3 km. Ton voisinage compte donc autant que ta propre écurie.

Le piège bleu et noir

Les stomoxes repèrent leur hôte à l’odeur, puis à la vue. La thèse rapporte une forte sensibilité aux bleus et un attrait pour le contraste bleu et noir. C’est le principe du piège Vavoua, mis au point en Afrique contre la mouche tsé-tsé.

Sa construction

  • trois écrans cousus à 120 degrés ;
  • sur chaque écran, une bande bleue de 75 x 30 cm à l’extérieur et une bande noire de 75 x 15 cm au centre ;
  • un cône de moustiquaire tenu par un cercle de fil de fer d’environ 80 cm de diamètre ;
  • au sommet, un système anti-retour et une boîte de collecte.

Sa pose

  • le bas du piège à 50 cm du sol au plus, parce que les stomoxes volent entre 30 cm et 1 m ;
  • en plein soleil, pour que le bleu réfléchisse au mieux.

Ce qu’il a donné à Toulouse

En 2015, l’essai de la thèse a comparé quatre pièges sur le campus de l’ENVT, près de chevaux, de bovins et de moutons. Le piège Vavoua a capturé à lui seul près des trois quarts des stomoxes. Un piège à taons à boule noire, même équipé d’un écran bleu, en a capturé six fois moins.

Revers de la médaille : le Vavoua est le moins sélectif. Près de la moitié des insectes capturés n’étaient pas visés, pollinisateurs compris. L’auteure conseille de ne le poser qu’aux abords des prés, pendant le pic de juin et juillet.

À l’intérieur de l’écurie

La thèse cite deux outils : les pièges électriques à lumière ultraviolette, alors à l’étude à l’ENVT, et les fils englués tendus en hauteur. Les règles de pose des surfaces collantes sont dans notre guide du piège à mouches pour chevaux.

Un vecteur, pas seulement une nuisance

GDS France rappelle que le stomoxe transmet des agents de maladies, dont la besnoitiose et la dermatose nodulaire contagieuse des bovins. La thèse cite aussi son rôle dans le cycle d’Habronema microstoma, l’un des vers des plaies d’été. Côté insecticides, la même thèse rapporte des stomoxes résistants aux pyréthroïdes en France : le détail est dans notre article sur les insecticides contre les mouches.

Sources : J. Badelon, thèse « Piégeage des taons et des stomoxes », ENVT, 2016 · GDS France, fiche biosécurité « Les stomoxes », juillet 2025.