Mouche plate du cheval : reconnaître l’hippobosque et t’en débarrasser

Une mouche aplatie qui court sur la peau comme une araignée et se cache sous la queue : c’est l’hippobosque, la mouche plate du cheval. Elle ne fait pas que passer : elle vit sur ton cheval. Voici comment la reconnaître, pourquoi elle résiste aux méthodes habituelles et ce que tu fais pour en débarrasser ton cheval.

Ce qu’il faut retenir

  • L’hippobosque vit sur le cheval en quasi-permanence.
  • Elle se cache sous la queue, autour de l’anus, entre les cuisses, au fourreau ou aux mamelles.
  • Sa piqûre est douloureuse et déclenche des mouvements de défense brusques.
  • Ses griffes la rendent difficile à décrocher.
  • Retrait manuel, produits gras ou répulsifs sur ses zones, et avis du vétérinaire pour un insecticide.

Qui est l’hippobosque

Les informations de cet article viennent de la fiche de l’ESCCAP France, association de vétérinaires parasitologues, consacrée à Hippobosca equina.

On l’appelle hippobosque du cheval, mouche plate ou mouche-araignée. Elle vit sur le cheval en quasi-permanence et se déplace sur l’animal comme une araignée. On la rencontre de temps en temps sur les bovins et les ovins. En France, les départements du sud sont les plus concernés.

Où la chercher sur ton cheval

L’ESCCAP cite ses zones préférées :

  • les marges de l’anus ;
  • la région sous la queue ;
  • la face interne des cuisses ;
  • le fourreau chez le mâle, les mamelles chez la jument.

Elle se rencontre aussi ailleurs sur le corps. Le diagnostic se fait à l’œil : tu la vois sur la peau.

Inspecter sans prendre de coup

La piqûre de l’hippobosque provoque des réactions brusques. Inspecte ces zones avec méthode :

  1. Attache ton cheval ou fais-le tenir par une autre personne.
  2. Annonce-toi de la voix et pose la main sur la croupe avant de soulever la queue.
  3. Reste sur le côté, près de la hanche, jamais dans l’axe des postérieurs.
  4. Regarde vite et bien éclairé, en fin de pansage.

Un cycle qui se passe presque tout entier sur le cheval

L’ESCCAP décrit un cycle original :

  • les adultes vivent et se reproduisent sur le cheval, et se nourrissent de son sang ;
  • les femelles ne pondent pas d’œufs : ils éclosent dans leur utérus et les larves s’y développent ;
  • les larves ne sont déposées au sol qu’au stade de pupe, dernier stade avant l’adulte ;
  • chaque femelle produit en moyenne 5 à 6 pupes au cours de sa vie.

Conséquence pratique : l’hippobosque ne pond pas dans le fumier comme la mouche domestique ou le stomoxe. Un piège à appât posé à la fumière ne la vise pas. La lutte se fait sur le cheval.

Quels risques pour ton cheval

L’ESCCAP décrit une piqûre douloureuse, qui entraîne chez le cheval de subits mouvements de défense, ce qui pose un vrai sujet de sécurité au pansage, à la monte et au travail en main.

L’ESCCAP précise en revanche que l’hippobosque ne semble pas transmettre de micro-organismes pathogènes. Le problème est la douleur et le comportement qu’elle déclenche.

Comment t’en débarrasser

L’ESCCAP le reconnaît : il est difficile de se débarrasser des mouches plates. Elles ont de fortes griffes qui les accrochent à la peau. Trois méthodes sont proposées.

1. Le retrait manuel

Retire les mouches à la main. Elles sont difficiles à attraper : l’ESCCAP conseille de t’aider de bandes collantes. Applique la bande sur la mouche puis retire-la d’un geste.

2. Les produits qui gênent leur nutrition

Applique sur leurs zones préférées des substances répulsives ou qui gênent leur nutrition. L’ESCCAP cite l’huile végétale, les pommades grasses et les lotions. Teste d’abord sur une petite surface et surveille la peau, surtout sous la queue où elle est fine.

3. Les insecticides

Certains produits conçus pour les bovins seraient efficaces selon l’ESCCAP, qui renvoie au vétérinaire. N’utilise pas un produit pour bovins sans son accord : la dose, la molécule et le mode d’application ne se transposent pas d’une espèce à l’autre.

Mouche plate ou autre insecte : comment trancher

Trois indices orientent vers l’hippobosque plutôt que vers une autre mouche :

  • elle reste sur le cheval au lieu de s’envoler à ton approche ;
  • elle se déplace en marchant sur la peau, à la manière d’une araignée ;
  • tu la trouves dans les zones cachées : sous la queue, entre les cuisses, au fourreau ou aux mamelles.

Un insecte qui pique en vol puis repart, en plein soleil, fait plutôt penser au taon. Des moucherons en nuage le soir font penser aux culicoïdes.

Pourquoi on ne la prévient pas

Dans les régions touchées, l’ESCCAP explique qu’aucune prévention complète n’est possible :

  • la pupe se trouve dans l’environnement ;
  • d’autres animaux, comme les bovins, abritent aussi des adultes.

Des traitements insecticides réguliers limitent le risque d’infestation. Fais-les définir par ton vétérinaire.

Ta routine pendant la saison

  1. Inspecte le dessous de la queue et l’intérieur des cuisses à chaque pansage.
  2. Retire les mouches présentes avec une bande collante.
  3. Applique un produit gras ou un répulsif adapté sur les zones à risque. Notre guide pour appliquer un répulsif anti-mouches t’aide à le faire correctement.
  4. Note les jours où tu en trouves, pour en parler au vétérinaire.
  5. Sécurise tes manipulations tant que la saison dure.

Pour reconnaître les autres insectes qui gênent ton cheval, consulte notre guide d’identification. Et pour le taon, autre gros piqueur du pré, lis notre article sur le taon et le cheval.

Source : ESCCAP France, Hippobosca equina (mouches plates).