Simulies : protéger les oreilles de ton cheval des mouches noires

Les simulies sont de minuscules mouches noires qui piquent en groupe, en plein jour, souvent à l’intérieur des oreilles. Ton cheval secoue la tête, refuse qu’on lui touche les oreilles, et tu ne vois presque rien. Voici comment les reconnaître, comprendre d’où elles viennent, et protéger ton cheval.

Ce qu’il faut retenir

  • Les simulies mesurent 1 à 6 mm et seules les femelles piquent.
  • Elles visent les zones à peau fine : intérieur des oreilles, fourreau, aine, mamelles.
  • Leurs larves vivent dans les rivières : tu ne supprimes pas leur source.
  • Elles restent dehors : le box offre un abri les jours d’attaque.
  • La protection passe par le bonnet, le masque à oreilles et le filet.

Les reconnaître

La thèse vétérinaire de Judith Badelon, soutenue à l’École nationale vétérinaire de Toulouse en 2016, les décrit ainsi :

  • de petits insectes trapus, à l’allure bossue, de 1 à 6 mm ;
  • des antennes courtes, plus courtes que la tête ;
  • environ 1 300 espèces dans le monde, dont une soixantaine en France.

Comme chez le taon, seules les femelles se nourrissent de sang. Elles lacèrent la peau pour créer une petite flaque de sang qu’elles aspirent. Le repas dure 4 à 5 minutes, selon la thèse.

Ne les confonds pas avec les culicoïdes, ces moucherons qui attaquent surtout le soir. Notre article sur les culicoïdes explique la différence de comportement, et notre guide d’identification les place parmi les autres insectes du pré.

Où et quand elles attaquent

Toujours selon la thèse :

  • elles sont attirées d’abord par les couleurs sombres, puis par le dioxyde de carbone et la chaleur du corps ;
  • elles piquent les zones à peau fine : fourreau, aine, mamelles et intérieur des oreilles ;
  • les femelles se nourrissent pendant la journée, par temps ensoleillé et vent faible ;
  • elles restent en général hors des bâtiments.

D’où elles viennent

La femelle pond 150 à 500 œufs sur des supports à moitié immergés ou à la surface de l’eau. Les larves vivent dans les eaux courantes rapides et bien oxygénées. La thèse rapporte des adultes observés à plusieurs dizaines de kilomètres de leurs gîtes. En hiver, les larves passent la saison froide dans l’eau, au ralenti sous 4 °C.

Conséquence pratique : contrairement au stomoxe, la simulie ne naît pas dans ton fumier. Tu ne contrôles pas sa source. La thèse rappelle que traiter les rivières aux insecticides chimiques est exclu ; elle cite une bactérie, Bacillus thuringiensis israelensis, utilisée contre leurs larves dans de grands programmes de lutte, comme en Afrique de l’Ouest. Ce n’est pas un outil à l’échelle d’une écurie.

Les effets sur ton cheval

La thèse liste plusieurs effets :

  • Le harcèlement : attaques groupées et piqûres douloureuses.
  • Les lésions d’oreille : des otites, et des plaques claires en forme de taches de bougie, non douloureuses, qui persistent parfois toute la vie de l’animal.
  • L’allergie : la salive des simulies fait partie des causes de la dermatite estivale, avec celle d’autres insectes.
  • Les éclosions massives : au printemps, quand beaucoup de simulies éclosent en même temps, leurs piqûres en nombre provoquent de vraies envenimations.

Si ton cheval a des oreilles croûteuses, gonflées ou douloureuses, montre-le à ton vétérinaire. D’autres causes donnent des signes proches.

Protéger ton cheval

Couvrir les oreilles

  • Au pré : un masque anti-mouches avec oreilles. Le guide Decathlon sur la protection contre les insectes cite le masque en nid d’abeille, qui protège les yeux et les oreilles. Voir notre article sur le masque anti-mouches.
  • Monté : un bonnet. Le même guide indique que certains cavaliers l’utilisent pour éviter les moucherons dans les oreilles.
  • Les filets : la thèse cite des filets d’oreille, imprégnés ou non d’insecticide.

Choisir les horaires

Les simulies piquent en journée, par beau temps et vent faible, et restent dehors. Les jours de forte attaque, garde ton cheval au box aux heures chaudes et sors-le le soir ou tôt le matin. Surveille alors les culicoïdes, actifs à la tombée du jour.

Les produits

La thèse cite l’huile de cade pour ses propriétés répulsives, antiseptiques et apaisantes, et indique que les pyréthroïdes semblent donner les meilleurs résultats contre les piqûres d’oreille. Demande l’avis de ton vétérinaire avant d’appliquer un produit près des oreilles. La méthode d’application des répulsifs est dans notre guide du répulsif anti-mouches.

Ta routine pendant la saison

  1. Au printemps : prépare masque à oreilles, bonnet et répulsif avant les premières belles journées, quand les éclosions massives sont possibles selon la thèse.
  2. Chaque jour de beau temps : regarde l’intérieur des oreilles au pansage, sans forcer si ton cheval se défend.
  3. Les jours sans vent : rentre ton cheval aux heures chaudes si tu vois des nuées autour de sa tête.
  4. Toute la saison : note les croûtes, les plaques claires et les secouements de tête, et montre-les à ton vétérinaire s’ils s’installent.

Et les pièges

La thèse est claire : la littérature ne présente pas le piégeage comme un moyen de lutte efficace contre les simulies, seulement comme un outil de suivi des populations. Dans l’essai de 2015 à l’ENVT, un piège à taons à boule noire équipé d’un écran bleu a capturé plus de simulies que les autres modèles. Ça te renseigne sur leur présence, pas plus. Pour les taons et les mouches de l’écurie, les pièges gardent leur intérêt : voir notre guide du piège à mouches pour chevaux.

Source : J. Badelon, thèse « Piégeage des taons et des stomoxes », ENVT, 2016, partie Simuliidae.