Mouches au poulailler : quels pièges poser et quels gestes font la différence

Au poulailler, la mouche domestique pond dans les fientes humides. Le premier levier n’est donc pas le piège, c’est une litière sèche. Les pièges viennent ensuite : rubans collants quand les mouches sont encore peu nombreuses, lampes loin des œufs, pièges à appât dehors. C’est ce que recommande le guide publié en 2015 par le ministère de l’Agriculture de l’Ontario pour les bâtiments avicoles.

Ce qu’il faut retenir

  • Les mouches pullulent quand l’humidité des fientes est entre 70 et 80 %. Elles chutent sous 60 %.
  • Le guide vise une litière sous 55 % d’humidité.
  • Le ruban collant de type « corde à linge » est le piège le plus efficace quand les mouches sont encore peu nombreuses.
  • Une lampe électrique ne se pose pas près des œufs.
  • Les mini-guêpes parasitoïdes meurent avec les insecticides : il faut choisir.

Pourquoi le poulailler attire les mouches

Le guide « House Fly Control in Poultry Barns » de l’OMAFRA, le ministère de l’Agriculture de l’Ontario, explique que la fiente de volaille en fermentation est chaude et humide : un milieu idéal pour les larves de la mouche domestique. Il donne ces repères :

  • un cycle complet, de l’œuf à l’adulte, de 11 jours à 30 °C, et jusqu’à 50 jours à 16 °C ;
  • des adultes qui vivent en général de 15 à 25 jours, parfois jusqu’à 70 ;
  • des populations au plus haut quand l’humidité des fientes est entre 70 et 80 %, et en baisse nette sous 60 %.

Le guide est écrit pour des élevages professionnels. Les ordres de grandeur valent aussi pour un poulailler de jardin : là où la fiente reste humide, les mouches se multiplient.

Le premier geste : la litière sèche

Le guide fixe l’objectif d’une litière la plus sèche possible, sous 55 % d’humidité. Pour un poulailler de jardin, cela se traduit en gestes simples :

  • réparez les fuites d’abreuvoir, première source d’humidité ;
  • retirez les zones de fiente mouillée ;
  • aérez le poulailler ;
  • remettez de la litière sèche dès qu’elle colle.

Pour le stockage de la fiente et du fumier, les gestes de notre article sur le fumier de cheval s’appliquent : tas couvert, compostage, éloignement des bâtiments.

Quels pièges poser

Les rubans collants

Selon le guide, les pièges collants les plus efficaces sont en général ceux de type « corde à linge », un ruban étroit tendu dans le bâtiment. C’est une bonne méthode quand les mouches sont encore peu nombreuses : en capturant des femelles tôt, on limite la ponte en début de cycle. La poussière et les plumes réduisent leur efficacité, il faut donc les remplacer.

Un point à surveiller : la revue d’Alec Gerry sur le suivi des mouches, parue en 2020 dans le Journal of Insect Science, signale un risque de capture d’oiseaux par les pièges collants. Posez les rubans en hauteur, hors de portée des poules et des passereaux.

Les lampes et destructeurs électriques

Le guide les classe parmi les moyens qui aident à réduire les mouches adultes. Il demande de ne pas les faire fonctionner près des zones où l’on manipule les œufs, pour que les mouches détruites ne les contaminent pas. Notre article sur la lampe UV détaille ce qu’elle capture et où la poser.

Les pièges à appât dehors

Certains pièges extérieurs attirent les mouches avec un appât. Le guide note que leur efficacité varie beaucoup selon l’appât utilisé. Posez-les à l’écart du poulailler, comme tout piège qui attire.

Les mini-guêpes parasitoïdes

Le guide présente aussi des mini-guêpes qui pondent dans les pupes de mouches. Elles existent dans la nature, mais en trop petit nombre pour contrôler une grosse population. On les achète sous forme de pupes parasitées, avec une dose recommandée de 3 à 6 pupes par volaille, et plusieurs lâchers hebdomadaires pour installer la population.

Le guide prévient : les insecticides qui tuent les mouches tuent aussi ces guêpes. Un appât insecticide solide reste possible s’il leur est inaccessible. Notre article sur la lutte biologique détaille leur fonctionnement à l’écurie, et celui sur les insecticides explique pourquoi ils tiennent mal dans le temps.

Suivre les mouches

Le guide de l’Ontario pose au moins 3 cartes de suivi par niveau de bâtiment, remplacées le même jour chaque semaine, et fixez un seuil courant de 100 mouches par carte et par semaine. Pour un petit poulailler, une ou deux cartes suffisent à voir une tendance. La méthode complète est dans notre article pour compter les mouches.

Le suivi d’un élevage de l’Ontario, montré dans le guide, illustre le rythme d’une bande : les captures montent nettement à partir de la cinquième semaine, culminent vers la douzième, puis chutent quand les volailles et la fiente sortent du bâtiment.

Si votre poulailler est près de l’écurie

Les mouches domestiques se moquent des clôtures. Un poulailler humide à côté des boxes nourrit les mouches qui gêneront vos chevaux. Les mêmes règles valent pour les deux : source sèche d’abord, pièges ensuite. Pour les mouches qui piquent votre cheval, comme le stomoxe, regardez notre article sur les pièges de l’étable.

Votre plan

  1. Asséchez la litière et réparez les abreuvoirs qui fuient.
  2. Tendez des rubans collants en hauteur dès les premières mouches.
  3. Gardez lampe et destructeur électrique loin des œufs.
  4. Choisissez entre mini-guêpes et insecticide, pas les deux.
  5. Comptez chaque semaine pour voir si vos gestes marchent.

Guide source : OMAFRA, House Fly Control in Poultry Barns, 2015.