Un piège à moustiques réduit le nombre de moustiques autour de l’écurie ou de la maison, à condition d’être du bon type, d’être entretenu et de tourner plusieurs semaines. Il ne protège pas de la piqûre au moment où elle arrive. Voici ce que disent l’Anses et le Haut Conseil de la santé publique des pièges vendus en France, et ce qu’il faut faire avant d’en acheter un.
Les deux familles de pièges
L’Anses distingue deux familles :
- Les pièges pondoirs : un récipient d’eau attire les femelles qui cherchent un lieu de ponte, puis les retient ou empêche les larves de se développer.
- Les pièges actifs : ils attirent les femelles qui cherchent du sang avec du gaz carbonique, de la lumière ou un leurre olfactif, puis les aspirent dans un filet.
Ce que montrent les études
Selon l’Anses, la littérature montre que les pièges pondoirs comme les pièges actifs réduisent nettement les populations de moustiques tigres à moyen et long terme. Deux conditions : un entretien régulier et un nombre de pièges suffisant. L’efficacité des autres pièges vendus en France n’est pas documentée.
L’Anses précise aussi la limite : aucune donnée ne montre que ces pièges freinent la propagation des virus portés par les moustiques. Elle les réserve à un rôle de complément, et juge abusives les promesses du type « zéro nuisance » tant qu’elles ne sont pas prouvées.
Le piège à CO2 : un produit encadré et coûteux
- Le gaz carbonique utilisé est une substance biocide. Depuis le 1er juillet 2022, un piège au CO2 sans autorisation de mise sur le marché ne se vend plus en France. Vérifiez la mention de l’autorisation sur l’emballage.
- L’Anses chiffre le prix de ces appareils de quelques centaines à plus de 2 000 euros l’unité.
- Ils demandent un entretien suivi : bouteille de gaz, leurre, filet.
Pour une écurie, comparez ce coût à celui des mesures sans appareil, décrites plus bas.
Les dispositifs à écarter
Le Haut Conseil de la santé publique classe plusieurs moyens parmi ceux dont l’efficacité n’est pas démontrée contre les maladies, à ne pas utiliser pour se protéger :
- les bracelets anti-insectes ;
- les huiles essentielles ;
- les appareils sonores à ultrasons ;
- la vitamine B1 et l’homéopathie ;
- les rubans, papiers et autocollants gluants sans insecticide.
Un ruban collant capture quelques moustiques posés, sans faire baisser la population. Gardez-le pour les mouches, dans un local fermé.
Avant le piège : supprimer l’eau qui stagne
L’Anses le dit pour les particuliers : la priorité est de supprimer les gîtes où pondent les moustiques, c’est-à-dire l’eau stagnante. À l’écurie et à la maison, faites le tour une fois par semaine :
- abreuvoirs et seaux : videz, frottez et remplissez à neuf ;
- bâches, pneus, brouettes et seaux oubliés : retournez-les ou mettez-les à l’abri ;
- gouttières : nettoyez-les pour que l’eau s’écoule ;
- coupelles de pots de fleurs : videz-les ;
- récupérateurs d’eau : couvrez-les d’une moustiquaire.
Un piège pondoir mal entretenu devient lui-même un réservoir d’eau stagnante. Si vous en installez, videz-le et nettoyez-le au rythme indiqué par le fabricant.
À l’écurie : le piège en complément
Le moustique compte pour le cheval à cause du virus West Nile. Notre article sur le West Nile et les moustiques détaille la prévention, du vaccin aux horaires de sortie. Dans les boxes, un ventilateur gêne le vol des moustiques : voir notre article sur le ventilateur d’écurie contre les insectes. La lampe UV vise surtout les mouches : ne comptez pas sur elle contre les moustiques.
Votre liste d’achat
- Gîtes larvaires supprimés d’abord, autour de l’écurie et de la maison.
- Piège pondoir ou piège actif : le nombre conseillé par le fabricant pour votre surface.
- Piège au CO2 : mention de l’autorisation de mise sur le marché.
- Une date de relevé chaque semaine, pour compter les captures et juger le piège.
- Pas de bracelet, d’ultrason ni de ruban sans insecticide pour vous protéger des piqûres.
L’article de référence : les pièges à moustiques, par l’Anses.
Sources : Anses, article du 19 mai 2022 sur l’efficacité des pièges à moustiques · Haut Conseil de la santé publique, Recommandations sanitaires aux voyageurs, juin 2023, moyens de protection non recommandés. Consultés le 25 octobre 2026.