West Nile : protéger ton cheval des moustiques qui transmettent le virus

Le virus West Nile, ou virus du Nil occidental, circule chaque été dans une partie de la France. Il se transmet au cheval par la piqûre de moustiques du genre Culex. La plupart des chevaux infectés ne montrent rien, certains développent des troubles nerveux graves. Voici comment le virus circule, les signes qui doivent t’alerter, et les mesures qui limitent les piqûres.

Ce qu’il faut retenir

  • Les oiseaux sont le réservoir du virus, les moustiques Culex le transmettent.
  • Le cheval est un cul-de-sac : il ne sert pas de relais au virus.
  • La maladie est à déclaration obligatoire.
  • Un vaccin existe pour le cheval.
  • Rentrer les chevaux à l’aube et au crépuscule et supprimer les eaux stagnantes réduisent les piqûres.

Comment le virus arrive jusqu’au cheval

Le RESPE, réseau d’épidémio-surveillance en pathologie équine, décrit le cycle :

  • les oiseaux sont les hôtes habituels du virus ;
  • les moustiques du genre Culex s’infectent en piquant des oiseaux, puis piquent le cheval ;
  • le cheval, comme l’homme, est un hôte accidentel, qualifié de cul-de-sac épidémiologique.

L’ARS Occitanie indique que la région connaît des épisodes de circulation depuis 2018. Elle cite pour 2024 10 cas humains et 50 cas chez les équidés, dont 10 décès, et de nouveaux cas chaque année depuis.

Les signes chez le cheval

L’ARS Occitanie indique que l’infection passe inaperçue dans la majorité des cas, 80 %. Quand elle s’exprime, le RESPE décrit :

  • un début par de la fièvre et une baisse de l’état général ;
  • puis des signes nerveux, en général discrets ;
  • dans les formes graves, une ataxie, c’est-à-dire des troubles de la coordination, et une difficulté à se déplacer qui va jusqu’à la paralysie.

L’ARS Occitanie cite aussi l’apathie et la sensibilité à la lumière. Le RESPE précise que la maladie connaît parfois une issue mortelle, ou laisse des séquelles nerveuses après guérison.

L’ARS Occitanie rappelle qu’il n’existe pas de traitement spécifique, seulement un traitement de soutien. Si ton cheval montre des signes nerveux, elle conseille de l’isoler dans un endroit calme et peu éclairé, puis d’appeler ton vétérinaire pour les prélèvements.

Le statut réglementaire

Le RESPE classe la fièvre de West Nile en catégorie 1 : déclaration obligatoire et gestion par l’État. C’est aussi une zoonose, une maladie qui touche l’homme et l’animal. Le RESPE signale que ces classements sont en cours de révision dans le cadre de la loi de santé animale.

Le vaccin

Selon le RESPE, la primo-vaccination du cheval se fait à partir de 6 mois, en deux injections espacées de 3 à 5 semaines, suivies d’un rappel annuel. Le RESPE indique que la vaccination assure une bonne protection chez la majorité des chevaux. L’ARS Occitanie la présente comme le moyen de prévention le plus efficace pour les équidés. Parles-en avec ton vétérinaire, en particulier si tu vis dans une zone où le virus a déjà circulé.

Limiter les piqûres de moustiques

Supprimer les eaux stagnantes

  • Vide tout ce qui retient l’eau autour de l’écurie. Le RESPE cite les bâches et les ornières, l’ARS Occitanie les baignoires, les pots de fleurs et les bâches.
  • Lave et sèche les abreuvoirs une fois par semaine. L’ARS Occitanie précise que de nouveaux moustiques adultes émergent tous les 10 jours.

Adapter les horaires

  • Rentre les chevaux à l’aube et au crépuscule, périodes de forte activité des moustiques selon le RESPE.
  • L’ARS Occitanie conseille de rentrer les chevaux la nuit et d’éviter les sorties nocturnes en zone marécageuse.

Ces horaires recoupent ceux des culicoïdes. Les mesures décrites dans notre article sur les culicoïdes servent donc deux fois.

Protéger l’écurie et le cheval

  • Pose des moustiquaires au-dessus des boxes, comme le recommandent le RESPE et l’ARS Occitanie.
  • Utilise des couvertures et des masques anti-insectes, cités par l’ARS Occitanie. Voir notre article sur le masque anti-mouches.
  • Installe des pièges à moustiques, cités par le RESPE.
  • Applique un répulsif adapté au cheval avant les heures à risque, avec notre guide du répulsif anti-mouches.

Surveiller

Pendant la période à risque, le RESPE recommande de prendre la température des chevaux chaque jour. Une fièvre repérée tôt permet d’appeler le vétérinaire avant l’apparition des signes nerveux.

Ton calendrier de prévention

  1. Avant la saison des moustiques : vaccination ou rappel avec ton vétérinaire, selon le schéma du RESPE.
  2. Dès les premières chaleurs : chasse aux eaux stagnantes, abreuvoirs lavés chaque semaine, moustiquaires posées.
  3. Pendant toute la période à risque : chevaux rentrés à l’aube et au crépuscule, température prise chaque jour.
  4. Au moindre signe : fièvre, cheval abattu, démarche anormale, appel au vétérinaire sans attendre.

Et les insecticides

Le RESPE cite le traitement insecticide des équidés et des locaux, et l’ARS Occitanie recommande de l’utiliser avec modération. Avant d’en utiliser, lis notre article sur les insecticides contre les mouches : leur efficacité sur le cheval est limitée, et leur usage en routine pose des problèmes de résistance et d’impact sur la faune.

Sources : RESPE, fiche « Fièvre de West Nile » · ARS Occitanie, « Prévention du virus du Nil occidental, conseils aux détenteurs de chevaux ».