Litière et mouches : quelle litière limite la ponte dans le box

Dans un box, la litière souillée est un lieu de ponte pour les mouches. Toutes les litières ne se valent pas, et toutes les mouches ne choisissent pas la même. Des chercheurs de l’université de Floride et du service de recherche agricole américain ont mesuré où pondent la mouche domestique et le stomoxe dans les matériaux d’une écurie. Voici leurs résultats, et ce qu’ils changent pour l’entretien de tes boxes.

Ce qu’il faut retenir

  • Le stomoxe préfère pondre dans ce qui contient de la matière végétale, comme le foin souillé.
  • La mouche domestique préfère le crottin frais et les copeaux frais souillés.
  • Dans le foin, la terre et le sable souillés, ses larves ne sont pas allées jusqu’à l’adulte.
  • Aucune litière n’empêche toute ponte : le curage reste la mesure de base.
  • Deux élevages sur quatre ne produisaient pas de mouches sur place : la façon de tenir l’écurie compte.

Les deux mouches concernées

D’après la fiche de GDS France rédigée avec l’École vétérinaire de Toulouse, le stomoxe se développe surtout dans le fumier, mais aussi dans la paille humide et les refus de fourrage, mêlés ou non aux déjections. Son cycle dure environ 3 à 4 semaines. La mouche domestique, elle, pond dans le fumier ou les ordures, avec un cycle rapide de 8 à 12 jours. Le portrait complet du premier est dans notre article sur le stomoxe.

L’essai en laboratoire : six matériaux d’écurie

En 2014, Erika Machtinger et ses collègues ont publié dans le Journal of Medical Entomology un essai sur six matériaux prélevés dans des écuries de Floride :

  • du foin souillé d’urine et de crottin ;
  • du crottin frais ;
  • des copeaux de pin souillés depuis moins de 12 heures ;
  • des copeaux de pin souillés, vieillis plus de 72 heures sur le tas de fumier ;
  • du sable de litière souillé, vieux de trois jours ;
  • de la terre de pâture surpâturée, mêlée d’urine et de crottin.

Ce qu’ils ont trouvé

  • La mouche domestique a préféré pondre dans le crottin frais et les copeaux frais souillés, qui ont aussi produit le plus de pupes. Ses larves ne sont pas allées jusqu’à l’adulte dans le foin, la terre et le sable.
  • Le stomoxe a préféré pondre sur les matériaux contenant de la matière végétale, et non sur le crottin frais. Il s’est développé dans les six matériaux, moins bien dans ceux qui contenaient de la terre.

Les auteurs en concluent que connaître ces préférences aide à réduire les populations, par la gestion des déchets d’écurie et le choix de la litière.

Sur le terrain : quatre petits élevages

La même équipe a suivi pendant un an, à partir de juillet 2010, quatre petites exploitations équines du nord de la Floride. Ses résultats, publiés en 2016 :

  • les mouches adultes étaient présentes toute l’année, avec des écarts entre élevages et entre saisons ;
  • dans deux élevages sur quatre, aucun développement de mouches n’a été confirmé sur place, ce qui laisse penser que de petites différences de conduite freinent les larves ;
  • les pupes de stomoxes se trouvaient en grande majorité dans le foin mêlé de crottin ;
  • celles de mouches domestiques, dans les copeaux de pin frais mêlés de crottin.

Ces mesures viennent d’un climat chaud et de copeaux de pin américains : retiens les tendances plutôt que les chiffres.

Ce que tu en tires pour ta litière

Si tu es en paille

La paille est une matière végétale, celle que le stomoxe préfère pour pondre. Les zones humides et souillées sont les plus à risque : coins d’urine, paille tassée près du râtelier. Retire-les à chaque curage, et ne laisse pas s’accumuler le foin tombé et piétiné, que l’essai de terrain désigne comme le premier gîte des stomoxes.

Si tu es en copeaux

Les copeaux frais souillés ont attiré la mouche domestique et produit le plus de pupes. Ramasse les crottins et les plaques mouillées tous les jours, avant que la ponte ne démarre.

Quelle que soit la litière

  • Cure à un rythme régulier : c’est la première mesure de la fiche de GDS France.
  • Élimine les croûtes dans les boxes et le fourrage humide tombé au sol.
  • Sors la litière souillée vers une fumière éloignée et bâchée, selon notre article sur le fumier.
  • Repère les zones où tu trouves des larves : elles te disent où concentrer l’effort.

Avant d’acheter des auxiliaires

L’étude de terrain a trouvé peu de parasitisme naturel, surtout par des mini-guêpes du genre Spalangia. Les auteurs conseillent de vérifier que les mouches se développent bien sur place avant d’acheter et de lâcher des auxiliaires. Notre article sur la lutte biologique contre les mouches détaille la méthode. Pour les adultes déjà présents, pose des pièges par zone avec notre guide du piège à mouches pour chevaux.

Sources : E. T. Machtinger et al., Journal of Medical Entomology, 2014, et Neotropical Entomology, 2016 · GDS France, fiche biosécurité « Les stomoxes », juillet 2025, rédigée avec l’ENVT.