Abri de prairie et mouches : ce que l’abri change pour ton cheval

Un abri au pré protège de la pluie, du vent et du soleil. Contre les mouches, son effet est moins connu. Des chercheurs suédois et californiens l’ont mesuré, et un résultat ressort de toutes leurs études : le toit compte plus que tout le reste. Voici ce qu’ils ont observé, et comment aménager ton abri en conséquence.

Ce qu’il faut retenir

  • Les chevaux ne se servent pas d’un abri sans toit.
  • Un abri fermé sur trois côtés a réduit les gestes de défense contre les insectes.
  • Les chevaux l’utilisent autant la nuit que le jour.
  • Le vent fait sortir les chevaux de l’abri.
  • L’ombre réduit surtout la charge de chaleur.

L’étude suédoise de 2015 : deux abris au choix

Elke Hartmann et ses collègues de l’université suédoise des sciences agricoles (SLU) ont suivi huit chevaux de sport, seuls au paddock, pendant un été. Chacun avait le choix entre deux abris :

  • un abri ouvert : un toit, aucun côté ;
  • un abri fermé : un toit, des filets brise-vent sur deux côtés et une paroi opaque face à l’entrée.

Il faisait entre 16 et 25 °C, un été suédois modéré. Les résultats, publiés dans le Journal of Animal Science :

  • cinq chevaux sur huit ont préféré l’abri fermé, et certains y sont restés jusqu’à deux heures et demie d’affilée ;
  • les chevaux sortaient davantage de l’abri quand le vent forcissait, et quand les mouches étaient moins nombreuses ;
  • dans l’abri fermé, ils faisaient moins frissonner leur peau et bougeaient moins les oreilles, deux gestes de défense contre les insectes.

Les auteurs concluent qu’un abri avec toit et côtés couverts réduit la gêne due aux insectes, et que les chevaux s’en servent même par temps doux.

Le toit, condition de base

La même équipe a prolongé l’étude sur 24 heures, dans un article publié dans Acta Veterinaria Scandinavica. Trois abris étaient proposés :

  • un toit et trois côtés fermés ;
  • un toit, avec seulement la moitié haute du mur du fond fermée, pour garder la vue dégagée ;
  • des murs sans toit.

Sept chevaux sur huit ont utilisé les deux abris à toit. L’abri sans toit n’a presque pas été visité. Les chevaux ont passé autant de temps à l’abri la nuit, 105,8 minutes en moyenne, que le jour, 100,8 minutes. Les gestes de défense étaient les moins probables dans l’abri à toit fermé sur trois côtés, comparé à l’extérieur. Conclusion des auteurs : les chevaux n’utilisent que des abris avec toit, et l’abri fermé sur trois côtés est celui qui limite le mieux la gêne des insectes en journée.

Ce que l’abri ne fait pas

Le mémoire d’Alexandra Sveen, mené à la SLU la même année, nuance le tableau. Dans son dispositif, la plupart des chevaux ont préféré l’abri à toit ouvert sur trois côtés à l’abri fermé. Ses pièges collants n’ont capturé ni plus ni moins d’insectes dans les abris qu’à l’extérieur. Pourtant, les chevaux se défendaient moins sous un toit que dehors. Sveen note aussi de fortes préférences individuelles : un cheval n’est jamais entré dans un abri, d’autres y allaient quel que soit le temps.

L’abri ne fait donc pas disparaître les insectes. Il offre au cheval un endroit où il se défend moins, et c’est déjà un gain de confort.

L’ombre contre la chaleur

À Davis, en Californie, Kathryn Holcomb et ses collègues ont comparé des chevaux en paddock entièrement ombragé ou en plein soleil, par 30,6 °C en moyenne l’après-midi. Au soleil, la température rectale moyenne atteignait 37,8 °C contre 37,5 °C à l’ombre, la respiration 25,5 mouvements par minute contre 20,5, et la sueur apparaissait dans 51,4 % des observations contre 1,1 %. Les gestes contre les insectes, eux, ne différaient pas. Une seconde étude de la même équipe a montré que les chevaux choisissent l’ombre quand on leur laisse le choix.

L’ombre protège donc surtout de la chaleur. Contre les taons, qui chassent au soleil, elle offre un refuge aux heures chaudes, comme l’explique notre article sur le taon.

Aménager ton abri

  • Un toit avant tout, sans quoi l’abri reste vide.
  • Ferme le fond et des côtés, en gardant une entrée large : l’abri fermé sur trois côtés a donné les meilleurs résultats contre les insectes.
  • Garde une vue dégagée si tes chevaux hésitent à entrer : l’équipe suédoise a testé un fond fermé en partie haute seulement, pour respecter le besoin de surveillance d’un animal de fuite, et les chevaux l’ont utilisé.
  • Prévois la place pour tout le groupe : chez les juments suivies par Sveen, celles qui ne tenaient pas dans l’abri restaient groupées à côté par journée chaude.
  • Cure le sol de l’abri : le crottin accumulé nourrit les mouches qui pondent dans la matière organique. Voir notre article sur le fumier.
  • N’y pose pas de piège à appât, qui attirerait les mouches là où ton cheval se repose. Notre guide du piège à mouches pour chevaux indique où placer chaque piège.

L’abri dans ton plan de protection

L’abri complète la chemise anti-mouches et le masque, il ne les remplace pas. Pour un cheval sensible, combine l’abri, une protection physique et des horaires de sortie adaptés à l’insecte qui le gêne.

Sources : E. Hartmann et al., « 24-h sheltering behaviour of individually kept horses during Swedish summer weather », Acta Veterinaria Scandinavica, 2015 · E. Hartmann et al., Journal of Animal Science, 2015 · A. Sveen, mémoire de master, SLU, 2015 · K. Holcomb, C. Tucker, C. Stull, Journal of Animal Science, 2013 et 2014.