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  • Taon et cheval : comprendre ses attaques pour mieux protéger ton cheval

    Le taon est le plus gros des insectes piqueurs que ton cheval croise au pré. Il pique fort et il revient. Des chercheurs ont étudié comment il choisit sa cible et ce qui l’empêche de se poser. Leurs résultats t’aident à choisir les bonnes protections. Voici ce qu’il faut savoir sur le taon et comment l’appliquer à ton cheval.

    Ce qu’il faut retenir

    • Seules les femelles taons piquent. Elles chassent au soleil.
    • Le taon repère sa cible grâce à la lumière polarisée renvoyée par la robe : les chevaux sombres l’attirent plus que les chevaux blancs.
    • Une chemise rayée noir et blanc a reçu beaucoup moins de taons qu’une chemise unie dans une étude de 2019.
    • La tête reste exposée : protège-la à part.
    • Combine protection du cheval, piège visuel au pré et ombre.

    Qui est le taon

    La fiche de GDS France sur les vecteurs (juillet 2025, avec l’ENVT) le décrit ainsi :

    • une grosse mouche agressive de 10 à 25 mm ;
    • des piqûres douloureuses, et seules les femelles piquent ;
    • une activité au soleil ;
    • des cibles surtout parmi les bovins, les chevaux et les humains ;
    • un cycle lent et mal connu, sans doute au sol.

    GDS France le cite aussi comme vecteur de la dermatose nodulaire contagieuse chez les bovins. Si tes chevaux partagent leurs pâtures avec des bovins, c’est une raison de plus de le surveiller.

    Comment le taon trouve ton cheval

    En 2010, l’équipe de Gábor Horváth a publié dans les Proceedings of the Royal Society B une étude sur la couleur des chevaux. Ses résultats :

    • les taons sont moins attirés par les chevaux blancs que par les chevaux sombres ;
    • ils utilisent la lumière polarisée renvoyée par la robe comme signal pour trouver leur hôte ;
    • les robes noires et brunes les attirent le plus.

    Les auteurs en concluent que la couleur de l’hôte influence la charge de parasites qu’il subit. En pratique, un cheval bai, noir ou alezan foncé au soleil est une cible de choix.

    Ce que montre l’étude des chemises rayées

    En 2019, l’équipe de Tim Caro a publié dans PLoS ONE une étude menée dans une pension du Somerset, au Royaume-Uni. Les chercheurs ont observé des zèbres et des chevaux vivant au même endroit, puis ont fait porter des chemises à sept chevaux.

    Le protocole

    • trois chemises du commerce : une noire, une blanche, une rayée noir et blanc ;
    • chaque cheval a porté chaque chemise 30 minutes, dans un ordre tiré au sort ;
    • la tête et les oreilles restaient nues ;
    • les observateurs comptaient les taons qui touchaient ou se posaient, au soleil uniquement.

    Les résultats

    • Les chemises rayées ont reçu beaucoup moins de contacts et de posés que les chemises unies.
    • Sur quatre chevaux, les chercheurs ont compté en moyenne 20,3 taons posés par demi-heure sur la chemise blanche et 41,3 sur la noire.
    • Sur les têtes nues, aucune différence : les taons s’y posaient autant, quelle que soit la chemise.
    • Sur les zèbres, les taons ne ralentissaient pas avant le contact. Ils les heurtaient ou les survolaient sans réussir à se poser.

    Les auteurs concluent que les rayures n’éloignent pas les taons de loin. Elles les empêchent de se poser de près. Et la protection ne vaut que pour la surface couverte.

    Ce que tu en tires pour ton cheval

    1. Couvre le corps. Une chemise anti-mouches limite la surface où le taon se pose. L’étude de 2019 a obtenu le meilleur résultat avec un motif rayé noir et blanc.
    2. Protège la tête à part. Les têtes nues ont reçu autant de taons quelle que soit la chemise. Un masque anti-mouches comble ce trou.
    3. Offre de l’ombre. Le taon est actif au soleil. Un abri ou une haie donne à ton cheval un refuge aux heures chaudes.
    4. Surveille les robes sombres. D’après Horváth, elles attirent davantage. Ce sont elles qui ont le plus besoin d’une chemise.
    5. Ajoute un répulsif sur les zones non couvertes, en respectant l’étiquette. Notre guide pour appliquer un répulsif anti-mouches détaille la méthode.

    Le piège à taons : où il intervient

    Le piège visuel exploite le même mécanisme que l’étude de Horváth : une boule sombre et brillante, en plein soleil, imite un cheval sombre. Le taon s’y pose, ne trouve rien à piquer, remonte et finit dans le collecteur. Un piège capture des taons adultes. Il ne protège pas le cheval au moment où il se fait piquer, d’où l’intérêt de combiner les deux.

    Les erreurs à éviter

    • Croire qu’un piège suffit : il réduit le nombre de taons, il ne protège pas le cheval.
    • Oublier la tête : c’est là que les taons se reportent quand le corps est couvert.
    • Laisser un cheval sombre en plein soleil sans abri aux heures chaudes.
    • Confondre taon et gastérophile : le second ne pique pas, il pond sur les poils. Notre guide d’identification des insectes t’aide à faire la différence.

    Sources : Caro et al., « Benefits of zebra stripes: behaviour of tabanid flies around zebras and horses », PLoS ONE, 2019 · Horváth et al., « An unexpected advantage of whiteness in horses », Proceedings of the Royal Society B, 2010 · GDS France, fiche biosécurité « Les stomoxes », juillet 2025.

  • Quelle mouche pique mon cheval : identifier les insectes du pré et de l’écurie

    Ton cheval tape du pied, fouette de la queue, se gratte contre la clôture. Avant d’acheter un produit ou un piège, identifie l’insecte. Chaque espèce a sa taille, ses horaires et ses zones d’attaque, et la parade change avec elle. Ce guide te donne les repères pour les reconnaître, avec les sources vétérinaires qui les décrivent.

    Ce qu’il faut retenir

    • Regarde trois choses : la taille de l’insecte, l’heure de l’attaque et la zone du corps visée.
    • Toutes les mouches ne piquent pas. La mouche domestique lèche, le gastérophile pond.
    • Les attaques du soir en nuage font penser aux culicoïdes.
    • Une mouche aplatie, cachée sous la queue, est sans doute un hippobosque.
    • La parade dépend de l’insecte : fumier, piège, répulsif ou protection du cheval.

    Le tableau d’identification

    Les tailles et les comportements viennent de la fiche stomoxes de GDS France (juillet 2025, avec l’ENVT), des fiches de l’ESCCAP France et du RESPE.

    Insecte Taille Pique Quand et où
    Mouche domestique 6 à 8 mm, grise Non, elle lèche Partout, attirée par les déchets et la matière organique
    Stomoxe (mouche des étables) 6 à 8 mm, trapue, 4 bandes noires sur le thorax Oui, piqûres douloureuses En journée, sur les flancs et les membres
    Petite mouche du bétail 3 à 4 mm, noire Oui, de façon persistante (décrite sur les bovins) En été, en groupe sur le dos des bovins
    Lucilie (Lucilia sericata) 10 à 14 mm, brillante Non En plein jour, attirée par les plaies et la matière en décomposition
    Taon 10 à 25 mm Oui, seules les femelles Au soleil
    Hippobosque (mouche plate) mouche aplatie Oui, piqûre douloureuse Vit sur le cheval, sous la queue et à l’intérieur des cuisses
    Culicoïdes petits moucherons Oui À la belle saison, surtout le soir, en nuage
    Gastérophile ressemble à un gros bourdon Non, la femelle pond sur les poils Œufs visibles en été et en automne

    Identifier par l’heure de l’attaque

    • En journée, à l’écurie et au pré : le stomoxe est actif en journée, selon GDS France.
    • En plein soleil : le taon est actif au soleil.
    • Le soir : l’ESCCAP décrit les culicoïdes comme actifs surtout le soir après 17 h, avant le coucher du soleil. Ce sont ces moucherons qui te piquent le crâne quand tu vas voir tes chevaux au pré le soir. Le RESPE situe leur période d’activité intense entre 17 h et 23 h.
    • En continu : l’hippobosque vit sur le cheval en quasi-permanence, selon l’ESCCAP.

    Identifier par la zone du corps

    • Flancs et membres : zones de piqûre du stomoxe.
    • Sous la queue, marge de l’anus, entre les cuisses, fourreau, mamelles : zones préférées de l’hippobosque.
    • Ligne du dessus, base de la queue, crinière, tête : zones où apparaissent les lésions de la dermatite estivale, liée surtout aux piqûres de culicoïdes.
    • Poils des antérieurs, tête, épaules, flancs : là où le gastérophile colle ses œufs.
    • Plaies : la lucilie y est attirée. Une plaie ouverte en été demande d’être protégée.

    Identifier par la réaction du cheval

    • Des mouvements de défense brusques, coups de pied vers le ventre : l’ESCCAP décrit la piqûre de l’hippobosque comme douloureuse et à l’origine de ces réactions.
    • Un cheval qui se gratte sans arrêt, crins de la queue et de la crinière cassés : signe classique de dermatite estivale, à faire confirmer par ton vétérinaire.
    • Un cheval qui tape des membres en journée à l’écurie : pense au stomoxe et regarde l’état de ton fumier.

    Les confusions fréquentes

    • Mouche domestique et stomoxe ont la même taille. Le stomoxe est plus trapu, porte quatre bandes noires sur le thorax et ses ailes sont écartées.
    • Taon et gastérophile sont deux gros insectes. Le taon pique, le gastérophile tourne autour des membres pour pondre.
    • Culicoïdes et moustiques attaquent tous deux en fin de journée. L’ESCCAP cite aussi les simulies, les moustiques, les taons et les stomoxes parmi les insectes soupçonnés de jouer un rôle dans la dermatite estivale.
    • Grattage et dermatite : l’ESCCAP rappelle que d’autres causes donnent des signes proches, comme les gales, les poux, les oxyures ou d’autres allergies. Le diagnostic revient au vétérinaire.

    La parade selon l’insecte

    Insecte Ce que tu fais en premier
    Mouche domestique, stomoxe Gère le fumier et la paille humide, puis pose des pièges par zone
    Taon Piège visuel au pré, protection du corps du cheval
    Hippobosque Retrait manuel et produits sur les zones où il se cache, avec l’avis du vétérinaire
    Culicoïdes Couverture moustiquaire, horaires de sortie, pâture sèche et ventée
    Gastérophile Retrait des œufs au pansage et plan de vermifugation
    Lucilie Plaies nettoyées et protégées

    Pour aller plus loin :

    Sources : GDS France, fiche biosécurité « Les stomoxes », juillet 2025 · ESCCAP France, fiches « Hippobosca equina », « Dermatite estivale récidivante » et « Gastérophiloses » · RESPE, fiche « Dermite estivale ».

  • Gastérophile du cheval : reconnaître les œufs sur les poils et les retirer

    Tu trouves de petits œufs allongés, collés aux poils des antérieurs de ton cheval. Ce sont ceux du gastérophile, un insecte qui ressemble à un gros bourdon. Il ne pique pas, mais ses larves passent plusieurs mois dans le tube digestif du cheval. Voici comment le reconnaître, ce que font ses larves et comment retirer les œufs pendant le pansage.

    Ce qu’il faut retenir

    • Le gastérophile adulte ne pique pas. Il pond sur la robe du cheval.
    • Ses œufs sont blanchâtres, allongés et mesurent 1 à 2 mm.
    • Les larves gagnent le tube digestif, y restent quelques mois puis sortent avec les crottins.
    • La plupart des chevaux porteurs ne montrent aucun signe.
    • Retire les œufs au peigne fin et parle du gastérophile à ton vétérinaire pour ton plan de vermifugation.

    Un insecte qui ressemble à un bourdon

    Toutes les informations de cet article viennent de la fiche que l’ESCCAP France, association de vétérinaires parasitologues, consacre aux gastérophiloses.

    Les gastérophiles sont des insectes ailés qui ressemblent à de gros bourdons. Les femelles ne piquent pas. Elles tournent autour du cheval pour déposer leurs œufs sur ses poils. Plusieurs espèces touchent les équidés en Europe : Gasterophilus intestinalis, G. haemorrhoidalis, G. nasalis, G. inermis et G. pecorum.

    Ce n’est pas une mouche d’écurie. Elle ne pond ni dans le fumier ni dans la litière, sauf G. pecorum qui dépose ses œufs dans l’environnement. Les gestes contre les mouches du fumier ne la visent donc pas : la parade se joue sur le cheval lui-même.

    Où chercher les œufs

    L’ESCCAP décrit des éléments allongés et blanchâtres de 1 à 2 mm, accrochés à la robe. Regarde en priorité :

    • les membres, surtout les antérieurs ;
    • la tête ;
    • les épaules ;
    • les flancs.

    Le meilleur moment pour les repérer est le pansage, en été et en automne. Relève les poils à rebrousse-poil sur le bas des antérieurs et regarde de près.

    Le cycle du gastérophile

    1. La femelle pond ses œufs sur les poils du cheval.
    2. Les œufs libèrent des larves. Selon l’espèce, elles entrent dans la bouche quand le cheval se lèche, ou migrent dans l’épaisseur de la peau. Pour G. pecorum, l’entrée se fait par l’alimentation.
    3. Les larves se fixent dans le tube digestif grâce à des crochets. Celles de G. intestinalis se logent plutôt dans l’estomac, celles de G. nasalis et G. haemorrhoidalis dans le duodénum, celles de G. inermis dans le rectum.
    4. Au bout de quelques mois, les larves sortent avec les crottins.
    5. Elles se transforment en pupe dans le sol, puis en adulte.

    Quels risques pour ton cheval

    L’ESCCAP classe les gastérophiloses parmi les parasitoses communes en Europe, mais pas graves. La plupart des chevaux contaminés ne montrent aucun signe.

    Les crochets des larves provoquent des ulcérations superficielles de la muqueuse digestive, dont elles se nourrissent. Certains chevaux souffrent d’une inflammation de la bouche et du pharynx pendant la migration des larves.

    On trouve parfois des larves chez des chevaux atteints d’ulcères, d’inflammations digestives, d’anémie, de diarrhée ou de coliques graves. L’ESCCAP précise qu’on ne sait pas dans quelle mesure les gastérophiles jouent un rôle dans ces affections. Pour les coliques, ils ne seraient pas le facteur déclenchant mais un facteur aggravant possible.

    Si ton cheval montre un de ces signes, appelle ton vétérinaire. Ne mets pas ça sur le compte des œufs que tu as vus.

    Comment savoir si ton cheval est porteur

    L’ESCCAP cite trois approches :

    • l’observation des œufs sur le pelage, en été et en automne ;
    • l’observation des larves lors d’une endoscopie digestive ;
    • des tests sanguins ou sur crottins, qui ne sont pas proposés en routine.

    Pour toi, au quotidien, c’est la première qui compte. Des œufs sur les poils veulent dire que des femelles pondent autour de ton cheval.

    Retirer les œufs : la méthode

    L’ESCCAP propose deux gestes pour limiter l’infestation :

    • Le peigne fin : passe-le sur les zones où tu vois des œufs, en tenant les poils à la base pour ne pas tirer sur la peau.
    • Le lavage : lave le pelage avec un insecticide dilué dans de l’eau chaude. Choisis un produit autorisé pour le cheval et respecte l’étiquette.

    Pour que le geste serve :

    1. Inspecte les antérieurs à chaque pansage pendant la saison de ponte.
    2. Retire les œufs dès que tu les vois, avant qu’ils ne libèrent leurs larves.
    3. Jette les œufs retirés loin du pré et des boxes.
    4. Note les dates où tu en trouves : ça t’aide à repérer la période de ponte chez toi.

    Le rôle du vermifuge

    Pour les larves déjà installées, l’ESCCAP indique qu’il existe des vermifuges efficaces contre les gastérophiles, et que la plupart des molécules utilisées dans les protocoles standard suffisent. Elle conseille d’en parler à ton vétérinaire si ton cheval est exposé, pour que le risque entre dans ton plan de vermifugation.

    Ne choisis pas seul la molécule ni la date. Ton vétérinaire tient compte du reste des parasites de ton cheval.

    Gastérophile, mouches, taons : chacun sa parade

    Le gastérophile se combat sur la robe et par le vermifuge. Les mouches de l’écurie se combattent par le fumier et les pièges. Pour le reste de ta protection :

    Source : ESCCAP France, gastérophiloses des chevaux.

  • Fumier de cheval : bien le stocker pour limiter les mouches

    Le fumier est la première nurserie des mouches de ton écurie. Si tu le stockes bien, tu coupes la ponte avant qu’elle ne remplisse tes pièges. Voici combien de fumier produit un cheval, comment construire et placer ta fumière, ce que dit la réglementation et les gestes qui privent les mouches de leurs lieux de ponte.

    Ce qu’il faut retenir

    • Le stomoxe et la mouche domestique pondent dans le fumier : c’est là que tout commence.
    • Ta fumière doit tenir au moins deux mois de production, sur une aire étanche, à l’écart des chevaux et de leurs aliments.
    • Les distances à respecter dépendent du règlement sanitaire de ton département.
    • Une bâche noire sur le tas aide à éliminer les larves de stomoxes.
    • Brûler son fumier à l’air libre ou le laisser à l’abandon est interdit.

    Pourquoi le fumier attire les mouches

    GDS France a publié en juillet 2025, avec l’École nationale vétérinaire de Toulouse, une fiche sur la lutte contre les stomoxes. Elle décrit deux mouches que tu croises à l’écurie :

    • Le stomoxe, ou mouche des étables, pique les flancs et les membres. Ses larves se développent surtout dans le fumier, mais aussi dans la paille humide et les refus alimentaires. Son cycle dure environ 3 à 4 semaines.
    • La mouche domestique ne pique pas. Elle pond dans le fumier ou les ordures, et son cycle est rapide : 8 à 12 jours.

    Un tas de fumier mal tenu produit donc une nouvelle génération de mouches toutes les deux à quatre semaines. C’est pour ça que la gestion du fumier passe avant tout piège.

    Combien de fumier produit ton cheval

    Un document de l’IFCE consacré à la gestion du fumier (Pauline Doligez, avril 2021) donne des repères :

    • 24 à 27 kg de déjections par jour et par cheval ;
    • 0,05 à 0,08 m³ de fumier par jour et par cheval ;
    • avec 10 kg de paille par jour, environ 35 kg de fumier par jour, soit 12,8 tonnes par an.

    Fais le calcul pour ton écurie avant de dimensionner ta fumière. Multiplie par le nombre de chevaux et par la durée de stockage visée.

    La fumière : comment la construire

    Le même document IFCE résume les règles de stockage du règlement sanitaire départemental (RSD) :

    • une aire étanche, avec un point bas ou une collecte des jus vers un stockage, ou bien une surface couverte, ou une benne étanche ;
    • une capacité minimale de 2 mois de stockage ;
    • un stockage tenu à l’écart des animaux, des aliments et de la litière propre.

    Pour la surface, l’IFCE cite le référentiel DEXEL 2018 :

    Durée de stockage Surface par cheval
    2 mois 2 m²
    6 mois 4,6 m²

    Où placer ta fumière

    Les distances varient d’un département à l’autre. L’IFCE donne les valeurs que l’on retrouve en général dans les RSD :

    Ce qu’il faut protéger Distance minimale en général
    Piscicultures et zones de baignade 200 m
    Habitations et zones de loisirs 50 m
    Sources, berges, puits et forages 35 m
    Routes 5 m

    Avant de couler une dalle, consulte le RSD de ton département. Il se demande en mairie ou se trouve en ligne.

    Côté mouches, pense aussi à l’écurie : une fumière collée aux boxes ramène les insectes au plus près des chevaux. GDS France demande de stocker le fumier à l’écart des animaux.

    Les gestes qui coupent la ponte

    La fiche de GDS France liste les lieux de ponte à supprimer. Voici ta routine :

    1. Cure les litières à un rythme régulier et nettoie les bâtiments.
    2. Retire la paille en décomposition dans et autour des bâtiments, et près des râteliers au pré. Dépose-la sur le tas de fumier.
    3. Élimine les croûtes dans les boxes et sur le matériel.
    4. Draine les zones boueuses et entretiens la végétation autour des bâtiments.
    5. Ne laisse pas de fourrage humide au fond des mangeoires ou au sol.
    6. Couvre le fumier d’une bâche noire. La barrière physique et la chaleur qui monte dessous les jours de soleil contribuent à éliminer les larves de stomoxes.

    La bâche est aussi la base de notre guide pour un piège à mouches naturel. Pour les gîtes que tu ne peux pas supprimer, GDS France cite le traitement aux larvicides. GDS France déconseille en revanche les pulvérisations d’insecticide dans l’environnement de l’élevage : elles touchent les abeilles et la faune non ciblée.

    Composter le fumier

    Les chambres d’agriculture consacrent une fiche aux fumiers d’équins (série Matières organiques, fiche n° 21). Elle note que ces fumiers sont souvent secs. Pour lancer le compostage :

    • arrose le tas et hache la paille ;
    • le compostage démarre bien : les fumiers de chevaux sont des fumiers « chauds » ;
    • en quelques semaines, tu obtiens un compost jeune sans odeur ;
    • 2 à 3 mois de maturation de plus donnent un compost mûr.

    Les litières de copeaux se compostent moins bien que la paille : l’aération est moins bonne et la dégradation plus lente. Le document IFCE précise qu’une procédure de compostage compte au moins deux retournements et un contrôle de température : 55 °C pendant 15 jours ou 50 °C pendant 6 semaines.

    Ce qui est interdit

    D’après le document IFCE, il est interdit :

    • de laisser le fumier à l’abandon sans objectif de valorisation ;
    • de le jeter dans une rivière ou ailleurs ;
    • de le brûler à l’air libre ;
    • de sécher des crottins pour les brûler dans un poêle ou une cheminée ;
    • de céder ou de vendre du fumier ou du compost produit à la ferme à un particulier, en vrac ou en sac. La cession se fait vers une exploitation agricole ou un professionnel.

    Le stockage au champ n’est permis qu’après 2 mois en fumière ou sous les animaux. Il se limite à un an et ne se fait pas au même endroit chaque année.

    Que faire de ton fumier

    L’IFCE décrit plusieurs débouchés :

    • l’épandage sur tes propres terres, en respectant les règles d’épandage ;
    • la cession à une exploitation agricole voisine, avec un bordereau de livraison obligatoire en zone vulnérable ;
    • l’enlèvement par un négociant transporteur ;
    • une plateforme de compostage industrielle ;
    • une unité de méthanisation, avec un fumier propre, sans fers, ficelles ni brosses.

    Un tas qui part à intervalles réguliers, c’est moins de fumier qui vieillit près de l’écurie, donc moins de lieux de ponte.

    Complète avec des pièges bien placés

    Une fois la source coupée, les pièges servent enfin à quelque chose. Les pièges à appât se posent du côté de la fumière, loin des boxes. Tout est détaillé dans notre guide sur le piège à mouches pour chevaux.

    Sources : IFCE, réglementation, gestion et valorisation du fumier, P. Doligez, avril 2021 · GDS France, fiche biosécurité « Les stomoxes », juillet 2025 · Chambres d’agriculture, fiche n° 21 « Fumiers d’équins et compost ».